La CAM (Cellule Active Monde) a d'abord été
ouverte, à la suite du 11 septembre 2001, dans le cadre du séminaire
d'études critiques cybermédias pour l'unité d'enseignement
CCC. (curatorial, critical cybercultural studies) de l'ESBA (Ecole Supérieure
des beaux-arts, Genève - CH)
La CAM est maintenant hébergée sur Meate, plateforme qui développe
la collaboration et l'engagement critique, et qui prend une position critique
vis-à-vis du système de production et de diffusion de l'art.
La CAM se développe sur Internet parce que ce media contient en lui-même,
de par son organisation en réseau, les germes d'un débat démocratique
ouvert et sans hiérarchie au niveau planétaire. La CAM s'inscrit
dans ce réseau des réseaux par ses multiples liens et ses
appuis sur des sites qu'elle a référencé comme sources
principales de ses informations.
La CAM est un observatoire politique des points sensibles du monde. Elle
a pour enjeu de développer un activisme d'information et de veille
et de contribuer dans le contexte de la recherche artistique, à l’émergence
d’issues dignes de l’intelligence sensible collective.
C'est une position de témoin actif devant l'histoire qui se déroule.
C'est un relais des mouvements de la société civile qui construisent
des alternatives à l'ordre impérial des marchés, et,
qui font la promotion d'un monde libéré du diktat des nouvelles
nomenclatures que constituent les réseaux de pouvoirs du monde économique
et de ses relais politiques.
Vers un activisme du 3e millénaire
D'une part, nous constatons la marchandisation croissante du monde et l'appropriation
constante par les marchés des ressources naturelles dans le seul
but d'en faire du capital.
D'autre part, nous constatons que les valeurs non-monnayables des activités
humaines sont de plus en plus dépréciées;
L'argent dans son statut d'élément constitutif d'un capital
apparaît ainsi de plus en plus comme l'unique référence
qui signe la valeur et la pertinence de l'activité humaine quelle
qu'elle soit. En dehors de sa valeur échangeable et susceptible de
générer du capital, l'activité humaine en tant que
valeur d'usage, productrice d'une richesse non-monnayable comme l'échange
d'un savoir, d'un soin, d'une prestation culturelle, n'a plus de valeur
si elle ne génère pas du capital.
Ce système qui, peu à peu inscrit les activités sociales
humaines dans un réseau d'accumulation de capital, finit par
anéantir le patrimoine culturel et social de l'humanité et
épuise les ressources naturelles en les canalisant dans un système
d'exploitation financière. Cela nous conduit à des catastrophes
humaines, sociales et environnementales prévisibles et vérifiées
partout dans le monde. Cette situation nous conduit à conclure à
la faillite du système capitaliste dès lors qu'il est appliqué
comme unique système, ou système prioritaire de régulation
des activités humaines.
L'activisme critique s'inscrit dans la mouvance de la société
civile qui développe des résistances à cette systématisation
de la logique des marchés.
Lorsque nous observons que les mouvements désignés comme alter
mondialistes, et activistes anarchistes, créent sur Internet de véritables
plateformes d'échange, d'alerte et de partage d'informations immédiatement
accessibles et disponibles ; lorsque les membres de la communauté
open source créent des licences et des programmes qui seront disponibles
pour tous dans le domaine public, et parlent de re-distribution libre et
de libre accès aux codes ; lorsque les membres de la communauté
copyleft produisent des licences <copyleft> et <gauche d'auteur>
au lieu de copyright, pour sortir de la logique marchande du droit d'auteur
conforme aux intérêts des marchés ; et, lorsque
les activistes des communautés sur Internet s'organisent pour dénoncer
la mise sous tutelle économique des ressources digitales, et le danger
tapis derrières des nouvelles technologies mises en place pour mettre
le partage des savoirs sous la tutelle économique des multinationales
du multimédia ;
nous assistons au formidable développement d'un activisme mondialisé
qui pratique l'échange horizontal des données, la cyber-résistance
(pétitions online, actions de blocage, lettres politiques), et favorise
les actions locales directement médiatisées sur le réseau.
Nous sommes alors en contact avec de multiples tentatives hétérogènes
pour redonner de la valeur et un sens qualitatif à la valeur d'usage,
aux activités humaines qui ne s'inscrivent pas dans un circuit d'échange
capitaliste et qui ne génèrent pas de plus value monétaire.
Ces communautés qui prennent pour cible, les unes et les autres,
un aspect très spécifique des dérives de l'ordre impérial
des marchés, sont souvent présentées comme des électrons
libres, totalement isolées les unes des autres.
Mais rien n'est moins vrai: Ces communautés par leurs actions spécifiques
de veille et d'alerte nous communiquent un patrimoine commun, un fil rouge
qui les conduit à un certain sens de la place de l'humain, en harmonie
avec son environnement, au sein de sa communauté ; un monde
d'interrelations pacifiées et basées sur des rapports plus
équitables. Nous entendons chuchoter à nos oreilles: "Un
autre monde est possible!" C'est cet activisme qui se construit
dont la CAM par son action de veille et de relais veut pouvoir témoigner,
et plus spécifiquement en mettant l'accent sur des dossiers qui
seront développés durant l'année et en fonction des
évènements du monde. La CAM a retenu pour l'instant, cinq
sujets qui semblent contenir des éléments constitutifs de
résistance hétérogène et de ses réponses
alternatives à la matérialisation de l'ordre des marchés:
politic of terror
Après les attentats terroristes aux USA du 11 septembre 2001, une
politique dichotomique idéologique se met en place en occident
qui désigne un axe du mal contre un axe du bien.(...)Cette étrange
Coalition du "Bien" au service des marchés est emmenée
par le leadership incontestable des USA. Le 11 septembre sert ainsi de
prétexte à la création d'un climat de terreur et
de déstabilisation générale (...)
Face à cette rhétorique de terreur et cet étalage
de mauvaise foi à peine dissimulée, s'est levé depuis
le mois de décembre 02 jusqu'en mars 03, la plus formidable mobilisation
civile mondiale jamais connue jusqu'alors.
Empire
La nouvelle organisation du monde, un monde globalisé, organisé
et légiféré par des accords transversaux appliqués
au niveau mondial et configuré par les marchés, s’impose
à nous de manière évidente depuis la fin de la guerre
froide (...)
Dans cette configuration, la collusion et la superposition
entre les acteurs du pouvoir politique et ceux dont les intérêts
sont liés aux marchés économiques et qui utilisent
le levier politique pour imposer l'ordre mondial des marchés sont
clairement dévoilées.
Alter Mundi
Depuis le début des années 90, comme à chaque réunion
d'une organisation internationale liée aux intérêts
des marchés que ce soit les très officiels sommets de l'OMC,
Réunions du FMI et de la Banque Mondiale, Sommet Européen,
Sommet de l'ALENA ou, plus informelles, les sommets du G8
et du WEF (Forum Economique de Davos), nous assistons à une mobilisation
croissante de la société civile qui dénonce la mise
sous tutelle économique du monde.
Partout où s'exprime cette société civile s'ébauchent
des analyses et des propositions percutantes qui rendent l'idée
d'un autre monde possible, plus accessible.
Digital ethics
L'émergence des nouvelles technologies et des réseaux d'informations
ont permis une horizontalité et une fluidité dans la transmission
des données contribuant à un meilleur partage du savoir (...)
Depuis quelques années, nous assistons à une offensive sans
précédent des nomenclatures de pouvoir pour contrôler
et réprimer ces flux d'informations horizontaux.
Ces offensives prennent des formes multiples:
> Des lois et initiatives législatives (...)
> Des accords commerciaux qui créent des situations monopolistiques (...)
> Des interventions techniques sur le software ou, plus directement
sur le hardware, comme dans le cas du projet Palladium de Microsoft,
Face à l'offensive de cette nouvelle nomenclature, les communautés
actives dans la défense de la démocratie, et du libre partage
des savoirs et du patrimoine culturel, alertent, informent et organisent
la résistance. (...)
Z COMMUNICATION
The spirit of resistance lives
Z communication est un site Web référencé par la
CAM depuis sa création
Il est constitué de plusieurs entités.(...)
La CAM se propose de relater les articles qui lui paraissent les plus
percutants et les plus importants qui sont produits tous les jours sur
ce site, d'en faire une traduction et une analyse régulière
afin de créer un lien entre des informations destinées à
un public anglophone et largement avertit vers un publique sans doute
et grande partie non-anglophone, et moins spécialisé.
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